
Manifestations obstinées contre
le régime illégitime européen (MOCRIE)Mobilisation
européenne pour un Referendum et contre le traité de LisbonneTous les
Mercredi à 18h participez à la MOCRIE la plus proche de chez vous! Ou
créez en une!Annonces
et informations sur le forum http://etienne.chouard.free.fr/mocrie/
|
Professeur
de Lycée à Marseille, Etienne Chouard a joué un rôle déterminant dans
la campagne du referendum de 2005 qui a avait défait le Traité
constitutionnel européen (TCE). En tant que simple citoyen, il s'est à
nouveau penché sur ce nouveau traité et appelle les citoyens d'Europe à
se mobiliser contre le "régime illégitime" de l'UE et pour stopper net
le Traité de Lisbonne.
Citoyens
d’Europe Contre
le Régime Illégitime
: CECRI Organisation
de la résistance au traité de Lisbonne,   et plus
généralement à tous les « traités
constitutionnels » : proposition
pour des Manifestations
Populaires Obstinées
(MPO)
à date et heure fixes dans toute l’Europe.
Les
représentants politiques des différents pays européens,
tout en affirmant leur amour de la démocratie, ont engagé
depuis cinquante ans un
processus constituant sans
les peuples
qu’ils
sont pourtant censés représenter, et même parfois
carrément contre
eux, comme en France et aux Pays-Bas où les élus
imposent par voie parlementaire ce que leur peuple vient de refuser
expressément par référendum.
Les
reproches majeurs que nous
faisons aux institutions européennes (voir encadré page
suivante), et notamment celui de verrouiller partout l’impuissance
politique des citoyens, ne sont nullement pris en compte par les
élites politiques, médiatiques et économiques :
la démocratie imposée par nos élus est de plus
en plus clairement factice.
Pourtant,
les
indicateurs alarmants
sont nombreux qui devraient nous inciter à contrôler
tous les pouvoirs à tout moment : le crash financier
majeur imminent, la dérive policière des "démocraties"
prétendument "libérales"
où même la torture — pratiquée sur des citoyens
incarcérés sans procès et sans défense —
est autorisée et même encouragée au prétexte
de "lutte
contre
le terrorisme",
l’usage massif d’armes nucléaires (des milliers de tonnes
de munitions à l’uranium) dans des pays écrasés
par des guerres contre d’insaisissables "terroristes",
guerres déclenchées sans que les peuples puissent
l’interdire, la prolifération exponentielle des OGM sans
moyen de résister, le sabordage des services publics au
prétexte d’une dette fabriquée de toutes pièces
par l’abandon de la création monétaire, dette
publique qui rend les prêteurs privés maîtres des
principales décisions publiques, l’abandon des peuples par
leurs propres représentants — politiciens de métiers
qui doivent trop leur pouvoir aux puissances financières —,
jusqu’aux constitutions écrites désormais directement
par les présidents et leurs ministres et imposées sans
référendum ! La coupe est pleine et ça
urge ! Il
est
temps que les citoyens reprennent le contrôle de leurs
représentants.
Nous,
citoyens européens de toutes tendances, attachés au
droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, contestons
solennellement le droit des responsables politiques à
redéfinir eux-mêmes leurs propres pouvoirs sans
consulter directement les peuples concernés. Les
élus ne sont pas propriétaires de la souveraineté
populaire ; ils n’ont pas de légitimité à
modifier eux-mêmes les institutions.
L’expression "traité
constitutionnel" est un aveu d’abus de pouvoir : on
n’écrit pas les constitutions par voie de traité. Ce
n’est pas aux ministres, ni aux parlementaires ni aux juges
d’écrire ou de modifier les institutions européennes :
seuls les peuples eux-mêmes, — sur proposition d’une
Assemblée constituante désintéressée,
c’est-à-dire dont les
membres n’écrivent pas des
règles pour eux-mêmes —, seuls
les peuples eux-mêmes ont la légitimité politique
de fixer et limiter les pouvoirs de leurs représentants, par
référendum,
à l’issue d’un vrai
débat public.
Au
contraire, les
gouvernants européens profitent de leur pouvoir pour en
abuser : le
processus constituant « par traités »
rend les institutions européennes très profondément
illégitimes.
Il nous semble
important et urgent de résister à cette
dérive tyrannique et d’organiser cette résistance
pour aussi longtemps qu’elle sera nécessaire.
Un
souvenir : avant
la chute du mur, les Allemands de l’est manifestaient tous les
lundis à 18 h
pour
dire simplement : « le
Peuple, c’est nous ».
Ils étaient parfois une poignée, parfois des dizaines
de milliers, mais ils étaient toujours là, visibles. Ce
geste courageux de résistance durable pourrait nous inspirer
dans notre
lutte contre le processus despotique qui se déroule avec les
traités
inconstitutionnels
européens :
nous pourrions, nous, institutionnaliser
la résistance,
autant que possible, en multipliant les lieux où se manifeste
le mécontentement :
Dans
toutes les villes d’Europe où il existe des résistants
déterminés, seraient organisées DES
MANIFESTATIONS HEBDOMADAIRES CONTRE LE RÉGIME ILLÉGITIME,
tous les mercredis à 18 h
par exemple.
Lors
de ces manifestations, on pourrait médiatiser
internationalement les principales initiatives citoyennes du moment,
ce qui donnerait à ces initiatives de la visibilité, et
donc de la force. Par exemple :
• la
plainte
de milliers de citoyens
auprès
de la Cour
européenne des droits de l’homme
(CEDH)
contre l’État pour
violation du droit à élire notre Corps
législatif,
plainte d’origine
citoyenne que soutient www.29mai.eu,
• la
pétition
contre le parasitisme financier,
déchaîné par des
institutions européennes
complaisantes qui interdisent aux États de gêner
la libre circulation des capitaux,
pétition d’origine
citoyenne que défend
www.stop-finance.org,
• la
pétition
pour l’indispensable et très populaire Référendum
d’Initiative Citoyenne (RIC),
pétition et projet
citoyen développés par
www.ric-france.fr,
etc.
Dans
les grandes villes, c’est même chaque
arrondissement
(ou
chaque quartier) qui pourrait organiser une telle manif hebdomadaire,
pour que chacun puisse s’y associer souvent sans trop perdre de
temps en transport inutile ; il est d’ailleurs sans doute plus
efficace — pour signifier qu’une colère générale
gronde — que les manifestations, même petites, soient très
nombreuses, un peu partout en Europe.
Un
site web
(un wiki ou
un spip
pour permettre le
travail collaboratif) centraliserait
une carte européenne
des manifestations et
récapitulerait les villes et les
villages européens actuellement en résistance affichée,
ainsi
que les
meilleures initiatives populaires (slogans,
visuels, plaintes, actions, événements,
manifestes, images et textes…).
Est-ce
que cette petite graine d’idée saura germer partout en
Europe ? Je l’espère :o)
Étienne.
8
avril
2008 Citoyens_d_Europe_Contre_le_Regime_Illegitime.pdf
| Liste des
principaux griefs contre les institutions européennes, institutions écrites sans les citoyens, et même souvent contre eux :
-
D’abord
et principalement, le
chômage de masse
est incroyablement encouragé par les institutions européennes
à travers une politique monétaire contraire à l’intérêt
général : la lutte contre l’inflation
comme mission absolument prioritaire et intangible
d’une Banque centrale européenne (BCE) rigoureusement
indépendante des représentants du peuple (art. 119, 130 et
282 §2 et §3 TFUE) est une priorité contestable fixée au plus haut
niveau du droit, donc inaccessible à tout revirement de l’opinion
publique. Cette
priorité qui n’avantage que les rentiers, imposée jusqu’à nouvel ordre
par les institutions européennes, entretient délibérément un chômage
massif et des bas salaires,
ce qui présente l’avantage — pour certains — de rendre tout le monde
très docile et ne profite qu’aux plus
riches. Ce seul point devrait conduire tous les salariés (91% de la
population active) dans la rue contre le dernier acte du coup d’État
européen qu’est le traité de Lisbonne.
-
Ensuite, et
c’est un vrai hara-kiri financier, la
création monétaire est totalement abandonnée aux banques privées : la
constitution européenne (art. 123 TFUE) interdit aux banques centrales
de prêter — sans intérêt — de l’argent aux États, ce qui
impose à ces États d’emprunter cet argent — avec intérêts ! —
aux acteurs privés qui ont de l’argent à placer (pour s’enrichir sans
travailler). Cette
règle scandaleuse contraint les États (c’est-à-dire nous tous) à payer
des intérêts
ruineux
pour financer les investissements publics — et à accumuler rapidement
une dette extravagante au regard de
l’intérêt général (plus de 40 milliards d’euros par an d’intérêts pour
la France) —, alors que, si notre banque centrale pouvait financer les
équipements publics, les intérêts payés pourraient être redistribués à
la collectivité au lieu d’enrichir les
« investisseurs » privés. Non seulement elle nous
ruine, mais en plus, la
dette publique (rendue inexorable par les institutions dans le monde
entier) verrouille au plus haut niveau du droit l’impuissance de nos
représentants politiques, réduits au
rôle de marionnettes dépendantes des puissances financières. Cet autre
vice majeur devrait suffire, à lui seul, à alimenter une révolte
générale.
-
L’interdiction
faite aux États de limiter les mouvements des capitaux (art. 63 TFUE) et la
liberté d’établissement (art. 49 TFUE)
ont privé
les travailleurs de tout contre-pouvoir face à la démesure des
actionnaires, les livrant à
la concurrence intégrale à tous niveaux ; elles exposent nos
économies à la spéculation
effrénée, aux crises
boursières à répétition et bientôt à la faillite générale. Après avoir
maté les travailleurs, les financiers leur feront bientôt payer la
note, à travers leurs salaires et leurs impôts. Qui donc a intérêt à
cette liberté absolue des renards libres dans le poulailler
libre ? Sûrement pas l’intérêt général. Encore un vice majeur
dont « l’élite » ne veut pas débattre et qui devrait
lever les foules contre tous les « traités
constitutionnels » européens.
-
La
clause de défense mutuelle entre pays membres de l’UE ne
met pas en cause les engagements souscrits au sein de l’OTAN
(art. 42 §2 et
§7 TUE). Cette clause, qui confirme l’art. 5 du pacte atlantique, soumet
de fait toute défense européenne à celle de l’OTAN, puisque ce
sont les États européens les plus puissant militairement,
économiquement et politiquement qui ont la double appartenance. Cet
assujettissement est d’autant plus grave que, d’une part, l’UE et
l’OTAN permettent aux États qui en sont membre de s’associer pour des
interventions ou des missions sur des « théâtres extérieurs » et que,
d’autre part, les instances politiques et militaires de l’OTAN
envisagent une restructuration de l’Alliance, fondé sur la possibilité
de frappe nucléaire « préemptive » en premier et
l’éventualité d’opérations engagées sans
autorisation des Nations Unies décidé par un
simple consensus.
-
Les
Ministres et Présidents accumulent les pouvoirs exécutif et
législatif sur une série
de domaines cachés au public sous le nom trompeur de « procédures
législatives spéciales »
(art. 289 §2 TFUE pour le principe ; les autres
articles sont disséminés — cachés — dans le TFUE) et d’« actes non
législatifs » (exemples :
art. 24 TUE, ou art. 290 TFUE). Les ministres — agents exécutifs, en
principe — se rassemblent en un « Conseil » — en
oubliant curieusement de préciser que c’est un conseil de
ministres — et se
déclarent carrément co-législateurs (art. 16 TUE). Ces violations
caractérisées du principe essentiel de la séparation des pouvoirs
révèlent une dérive considérée par la Déclaration des droits de l’homme
(art. 16 DDHC) comme la
marque la plus sûre du retour à la tyrannie : des pouvoirs non
séparés sont des pouvoirs à la merci des puissances privées du moment.
-
Les
exécutifs contrôlent aussi la carrière des juges
européens dont le pouvoir
est considérable : les juges sont nommés pour six
ans, ce qui est
court, renouvelables, ce qui crée
une dépendance dangereuse (art. 253 TFUE). Cette violation du principe
essentiel de l’indépendance des juges par rapport aux autres pouvoirs
bafoue encore le principe protecteur de la séparation des pouvoirs, et
encore une fois au profit des ministres (qui nomment et renouvellent —
ou pas — les juges) ; on voit partout que ce sont eux,
ministres, qui ont écrit les règles.
-
Le
pouvoir législatif — ordinaire, mais aussi constituant — est contrôlé,
pour l’essentiel, par des organes non élus.
Exemples : conférence intergouvernementale (composée de
ministres) modifiant les institutions (art. 48 §4 TUE), Commission
européenne (non élue) ayant l’exclusivité de l’initiative législative
(art. 17 §2 TUE, ce qui est une véritable insulte à la démocratie
représentative), ministres co-législateurs (!) (art. 16 TUE), Banque
centrale productrice de normes obligatoires à portée générale (art. 132
TFUE), etc.
-
Les
citoyens n’ont aucun moyen de résister à un abus de pouvoir et les
initiatives citoyennes sont muselées à travers une
procédure d’« initiative d’invitation » trompeuse
car sans aucune force contraignante (art. 11 §4
TUE). On prend les citoyens pour des imbéciles en leur offrant
bruyamment des cadeaux… absolument vides.
-
Les
procédures de révision permettent aux exécutifs de modifier eux-mêmes
les institutions, et surtout sans consulter les peuples concernés (art. 48 TUE). Ce
sont d’abord toujours des organes non élus qui sont
chargés de réviser la Constitution européenne, ainsi que de contrôler
toute proposition de révision, et surtout les
citoyens sont tenus bien à l’écart du processus constituant qui n’impose aucun
référendum : la
« démocratie » que nous imposent nos élus est factice.
- Tout cela est dû, d’après nous, à
ce que le
processus constituant est lui-même profondément vicié par le fait que
les hommes au pouvoir, à la faveur de la construction européenne,
s’écrivent des règles pour eux-mêmes (art. 48 §4 TUE), alors que seule
une Assemblée constituante désintéressée peut programmer
de bonnes institutions : les
membres de cette Assemblée ne doivent pas avoir un intérêt personnel à
l’impuissance politique des citoyens : ils
doivent donc, d’abord, être déclarés inéligibles aux fonctions
qu’ils instituent, et surtout, les
partis ne doivent en aucun cas être en mesure d’exercer un monopole sur
la désignation des candidats ; les candidats
libres et indépendants doivent être équitablement soutenus,
financièrement et médiatiquement.
| | Consultez tous les textes
de références cités
à cette adresse : Citoyens_d_Europe_Contre_le_Regime_Illegitime_references.pdf
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